| Designed by: |
News
| Place plus importante cette année des infirmiers dans la vaccination contre la grippe... |
|
|
|
La bataille antigrippe commenceLE MONDE POUR DIRECT MATINPLUS | 10.10.08 | 10h18 • Mis à jour le 10.10.08 | 10h18 Depuis aujourd'hui, le vaccin contre la grippe de l'hiver 2008-2009 est disponible dans l'ensemble des pharmacies françaises. La date est un peu plus tardive que d'habitude, la fabrication du vaccin ayant été compliquée du fait des mutations observées chez les virus qui vont bientôt commencer à circuler en France et en Europe. Pour sa part, la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) a fait savoir qu'elle allait intensifier cette année les incitations à la vaccination des personnes âgées et de celles qui souffrent de certaines affections qu'une infection par ces virus pourrait compliquer. Les statistiques officielles de la Cnam nous apprennent que durant l'hiver 2008-2009, un peu plus de 5 millions de personnes se sont fait vacciner, soit 400 000 de plus que l'hiver précédent. Un résultat insuffisant puisqu'en France 9 millions de personnes sont concernées. Une nouvelle fois, donc, le retour de l'automne et des feuilles mortes coïncidera avec le retour des campagnes officielles d'incitation à la protection avec un slogan aussi simple qu'explicite : "La grippe, c'est mieux quand on l'évite." On estime en moyenne à 2,5 millions le nombre de personnes qui, chaque année en France, sont victimes d'une infection grippale. Si ses symptômes sont désagréables, cette infection est généralement bénigne. Il en va différemment chez les personnes dont le système immunitaire répond moins bien à l'action des virus. C'est la raison pour laquelle la Cnam propose chaque année une prise en charge à 100 % du vaccin aux personnes âgées de 65 ans et plus et à celles souffrant de certaines affections chroniques, et ce quel que soit leur âge. Il s'agit notamment des deux formes de diabète, des accidents vasculaires cérébraux dits "invalidants", d'une série d'affections rénales, neurologiques, cardiaques et de l'insuffisance respiratoire chronique grave. Les personnes souffrant d'asthme sont également concernées. LES RÉACTIONS SÉVÈRES SONT RARES Les responsables sanitaires comme ceux de l'Assurance-maladie estiment que certaines épidémies grippales peuvent causer une inactivité temporaire pour des millions de personnes. A l'inverse, on sait que les réactions sévères causées par le vaccin sont excessivement rares. En pratique elles ne sont observées que chez des personnes qui sont allergiques aux protéines de l'œuf ou à la néomycine, produits utilisés pour la préparation des vaccins. La machinerie est lourde. Ainsi, en pratique, les services de la Cnam adressent-ils un courrier personnalisé à chacun des 9 millions d'assurés concernés pour les inciter à bénéficier du vaccin gratuit. Cette proposition sera valable jusqu'au 31 janvier 2009. Nouveauté de la campagne 2008-2009 : la simplification de la démarche pour les assurés et un rôle renforcé pour les infirmières. Les assurés qui ont bénéficié de la prise en charge du vaccin l'hiver dernier reçoivent cette année un bon pour un vaccin gratuit, en échange duquel ils pourront retirer directement le vaccin chez leur pharmacien et ce sans ordonnance médicale. Ils pourront ensuite se faire vacciner par une infirmière, sans avoir à consulter leur médecin. La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a aussitôt tenu à mettre les points sur les i. "Premier syndicat médical français, nous souhaitons faire une mise au point sur les nouvelles conditions de délivrance du vaccin antigrippal qui entrent en vigueur le 10 octobre, ont indiqué fin septembre les responsables de la CSMF. Cette démarche vise à simplifier la tâche des médecins généralistes. Il ne s'agit en rien d'une délégation de tâche, l'infirmière ne réalisant aucune prescription et n'assurant l'acte d'injection que dans le cadre du renouvellement de la vaccination." La CSMF souligne d'autre part que le patient "n'a aucune obligation de se faire vacciner par une infirmière et qu'il conserve le libre choix de se faire vacciner par son médecin traitant au cours d'une consultation habituelle". En d'autres termes il ne faut pas voir dans ces nouvelles dispositions la volonté de maîtriser les coûts de cette entreprise. Et ce d'autant, toujours selon la CSMF, que "la majorité des médecins traitants effectuent déjà cette vaccination au cours d'une autre consultation, et ce sans prendre aucun supplément d'honoraire". Jean-Yves Nau Des vaccins efficaces ?
L'une des questions régulièrement soulevées par les vaccins contre la grippe concerne non pas leur innocuité mais bien leur efficacité. Les témoignages sont en effet nombreux de personnes qui se sont fait vacciner et qui estiment avoir été victimes d'une infection grippale. La réponse est ici compliquée à apporter. Il faut en effet savoir que les symptômes dus au virus de la grippe (fièvre élevée, malaise, toux sèche, courbatures, frissons, douleurs diffuses…) sont les mêmes que ceux causés par les nombreux autres virus responsables d'infections respiratoires. "Il est courant de dire qu'on a la grippe, alors qu'il s'agit d'une infection d'un autre type, explique le professeur Daniel Floret (CHU de Lyon), président du Comité technique des vaccinations du ministère de la Santé. Et les grippes qui peuvent apparaître chez les personnes vaccinées sont plutôt des grippes dont les symptômes sont de faible intensité et rarement des grippes compliquées." Une autre idée communément répandue est que la vaccination antigrippale ne peut être considérée comme réellement efficace dans la mesure où, à la différence de toutes les autres, elle doit être pratiquée chaque année. En fait, s'il faut refaire cette vaccination annuellement, c'est que les virus grippaux sont en perpétuelle mutation, ce qui fait que les anticorps produits grâce au vaccin ne sont généralement plus protecteurs l'année suivante. Il est également erroné de penser que la vaccination peut "donner la grippe". Les vaccins sont élaborés à partir de virus tués et ne peuvent pas induire l'infection contre laquelle ils protègent. Mais il est vrai que, comme avec tous les vaccins, on observe une petite douleur et une rougeur au point d'injection et parfois une légère fièvre. Qu'en est-il de l'efficacité du vaccin chez les personnes âgées ? "On ne peut nier le fait que plus on avance en âge moins la protection conférée par le vaccin est bonne, observe le professeur Floret. Ceci tient à une production moins importante d'anticorps protecteurs. Pour autant, il faut savoir que plus on avance en âge et plus l'infection grippale peut avoir des conséquences graves. C'est la raison pour laquelle nous pensons qu'il est bel et bien utile de proposer une vaccination au-delà de 65 ans. Quant aux enfants, la France, comme l'Europe [ndlr : à l'exception de la Finlande], a choisi de ne pas recommander de les protéger dans la mesure où l'on ne dispose d'aucune donnée scientifique sur l'efficacité d'une vaccination généralisée. Avec bien évidemment une exception pour les enfants souffrant de certaines affections qui les exposent à un risque grave." |


